27 avril 2026

Les Muses de Minuit - Junie BLEUET

 

Paris, 1940. La guerre a volé à Zélie son travail et ses illusions. Quand elle pousse la porte du cabaret Au dernier songe, elle ne sait pas encore qu'elle vient d'entrer dans un univers où les feux des projecteurs se mêlent au danger, et la séduction à la résistance. Entre survie et passion interdite, Zélie découvre que parfois l'amour est le plus périlleux des combats... Prisonnière d'un destin qu'elle n'a pas choisi, jusqu'où ira-t-elle pour survivre... et pour aimer ?

 

Partenaire des éditions MVO pour cette année, je me suis laissée tenter par la boxe proposée pour recevoir cette romance historique. C'est un style de romance que je lis occasionnellement, pourtant, quelque chose m'a attiré dans ce titre, la couverture déjà, que je trouve sublime tout en subtilité, le livre est un très bel objet et la présentation a éveillé ma curiosité. De plus, une lecture commune a été lancée sur quatre jours début avril, j'ai trouvé l'idée géniale et me suis lancée, découvrant une communauté très active sur les écrits de l'autrice et un réel plaisir à échanger avec un groupe sur un même roman.

Avant de commencer, je tiens à prévenir les potentiels futurs lecteurs que ce roman possède des Trigger Warning expliqués au début du livre, certes moins choquants que dans une Dark romance, mais forts et certains passages peuvent heurter la sensibilité de certains. Je tiens aussi à préciser qu'il peut y avoir une discussion importante sur le consentement. On remet le roman dans son contexte, on est en 1940 quand le livre commence, la femme n'avait pas le droit à cette époque de voter ou d'avoir un compte bancaire, l'avortement était illégal, alors dire NON à quelque chose, imaginer un peu le tableau. Je ne dis pas que c'est normal, juste que la femme à cette époque subissait et ne pouvait pas s'affirmer sur certains sujets, la pensée même de l'émancipation n'avait pas autant de place que maintenant. Puisque j'ai abordé ce point, je passe à présent à mon avis.

Au niveau trope, on est sur du ennemies/unknown to lovers puisque le couple que nous suivons concerne un soldat Allemand et une jeune femme française, poussée malgré elle à choisir une vie différente à ce qu'elle aspirait en montant à Paris juste avant le début de la guerre.

Le début de leur relation commence de manière singulière, puisque Zélie travaille dans un cabaret, au début en tant que serveuse, puis devient malgré elle chanteuse, mais entre les deux, son patron n'hésite pas à la vendre pour une nuit à un jeune soldat qui, malgré lui, va commencer à s'attacher à elle.

Zélie connait une belle évolution dans le livre. On la découvre au début un peu timide, prête toutefois à faire le nécessaire pour continuer à vivre dans un climat anxiogène, puis elle se révèle dans la seconde partie du livre, loin de Paris. Elle mûrit, se dévoile, prend sous son aile Eglantine (qui a sa propre histoire si le cœur vous en dit).

Frank suit les ordres, pourtant, on le sent qui flanche sur certains aspects de la guerre. Il donne son cœur à Zélie, tente le tout pour la protéger et risque sa vie en tentant de la rejoindre par tous les moyens. Pourtant, il reste un homme des années 40, autoritaire, qui n'accepte pas qu'on lui résiste et qui, de mon point de vue, renonce facilement à secourir une personne lors d'une scène particulière... On aurait envie que cela se passe autrement, on sait qu'il y a eu des atrocités pendant la guerre sous prétexte que c'était la guerre, et même si c'était nécessaire pour une certaine cohérence, lire ce fameux passage a été dur, malgré l'absence de détails. J'ai quand même aimé comment cela à évoluer, l'attitude des personnages, voir le combat des résistants, Zélie qui tient tête intelligemment aux agents SS lors de la recherches de Juifs dans le village où elle habite.

Petit bonus pour Eglantine, un personnage secondaire que j'ai tout de suite aimé par sa fraicheur et son amitié, mais aussi pour Suzanne qu'on rencontre dès le début, un personnage complexe qu'on apprend à apprécier à la fin du roman.

Parlons à présent de l'autrice. Si j'ai réussi à lire ce roman et à apprécier chaque page, c'est en grande partie grâce à son écriture travaillée mais fluide. Je reproche souvent aux nouvelles autrices de ne pas faire d'effort sur l'écriture, d'avoir un langage trop proche de la réalité. Ici, les dialogues sont cohérents, mais l'intrigue est mise en valeur par le choix du vocabulaire, des tournures de style et je ne peux qu'apprécier. De plus, on assiste à une fin heureuse (et tant mieux, sinon, je n'aurais pas lu le livre) et ouverte. Zélie doit faire un choix après avoir lu une lettre, le lecteur peut ainsi imaginer ce qui suit, continuer l'histoire dans son esprit. D'ailleurs, je n'ai pas pu lire un autre roman tout de suite après car j'inventais la suite pendant mes moments calmes propices à la réflexion.

C'est un roman qui se lit avec plaisir, j'ai apprécié cette découverte et même si je ne lirai pas le roman sur Eglantine pour mes raisons, je lirai avec plaisir d'autres romans de Junie.

 

Romance historique

281 pages

Lecture Commune/Partenariat avec les éditions MVO

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Les Muses de Minuit - Junie BLEUET

  Paris, 1940. La guerre a volé à Zélie son travail et ses illusions. Quand elle pousse la porte du cabaret Au dernier songe, elle ne sait ...