01 août 2025

Hiver à Sokcho - Elisa Shua Dusapin


À Sokcho, petite ville portuaire proche de la Corée du Nord, une jeune Franco-coréenne qui n’est jamais allée en Europe rencontre un auteur de bande dessinée venu chercher l’inspiration depuis sa Normandie natale. C’est l’hiver, le froid ralentit tout, les poissons peuvent être venimeux, les corps douloureux, les malentendus suspendus, et l’encre coule sur le papier, implacable : un lien fragile se noue entre ces deux êtres aux cultures si différentes. Ce roman délicat comme la neige sur l’écume transporte le lecteur dans un univers d’une richesse et d’une originalité rares, à l’atmosphère puissante.


En prenant ce livre, je m'attendais à une description des différences entre la Corée du Nord et du Sud, l'histoire se passant à la frontière des deux pays de puis la séparation en 1953. Je m'attendais à beaucoup de pathos, une description déchirante des conditions actuelles d'une politique qui se tient sur un fil. Pas du tout, si vous vous attendez à ça, ce n'est pas le cas.
 
Bien sûr, le roman y fait référence, mais on se concentre sur la rencontre entre la franco-coréenne (on ne connait pas son nom, comme si elle état insignifiante) et Yann, le créateur de bande dessinée. Notre narratrice est effacée, elle raconte l'histoire mais n'est pas l'héroïne, nous montrant un aspect de la société coréenne qui donne de l'importance aux hommes alors que les femmes ne le deviennent à moitié que si elles se marient. D'ailleurs, plus d'une fois, on remarque que sa mère lui reproche de ne pas être assez bien, de ne pas manger suffisamment, de faire un travail médiocre et n'aspire qu'à son mariage, un mariage qui ne semble pas venir.
 
Ce roman me fait penser à Julien Gracq et son roman Le Rivage des Syrtes, où il ne se passait rien. Malgré tout, il se passe des choses dans ce roman, mais c'est banal, presque ennuyeux. Il n'y a pas de bonne surprise, de tragédie, c'est seulement une vie basique qui est décrite. On s'est habitué à lire des romans avec du suspense, des retournements de situations, des révélations en pagaille, alors que celui-ci reste neutre. N'est-ce pas une prise de risque ? Il nous appelle à la réflexion, malgré lui, alors que la lecture a été des plus faciles et plutôt rapide.
 
Ce court roman m'a pas mal surprise, finalement. C'est très ordinaire, mais dans une époque où on recherche des sensations fortes, il fait du bien à l'esprit. 
 

Littérature francophone 
140 pages 

31 juillet 2025

La Végétarienne - Han Kang


Une nuit, Yonghye se réveille et va au réfrigérateur, qu’elle vide de toute la viande qu’il contient.
Guidée par son rêve, elle a désormais un but  : devenir végétale, se perdre dans l’existence calme et inaccessible des arbres et des plantes.
Ce dépouillement qui devient le sens de sa vie, le pouvoir érotique, floral de sa nudité vont faire voler en éclats les règles de la société, dans une lente descente vers la folie et l’absolu.
  
Han Kang, une écrivaine vertigineuse à découvrir d’urgence. Alexandre Fillon, Les Échos.
  
La Végétarienne rappelle certains des premiers romans de Haruki Murakami, par la manière progressive dont on quitte la satire sociale pour entrer dans un conte fantastique, mais aussi le cinéma coréen d’un Bong Joon-ho (Parasite) ou d’un Park Chan-wook (Mademoiselle), tant ses personnages semblent emportés par leurs passions inexorables. Alexandre Lacroix, Philosophie magazine.
  
PRIX NOBEL DE LITTÉRATURE 2024.
MAN BOOKER INTERNATIONAL PRIZE 2016.

 
Plusieurs choses m'ont donné envie de lire ce livre alors que je suis davantage une lectrice de romance et d'imaginaire :
 
- L'autrice qui a reçu le prix Nobel, cela donne envie de savoir pourquoi elle l'a reçu
- Son pays d'origine, la Corée du Sud, qui connait un essor grâce à la K-pop, aux K-dramas, mais aussi à sa gastronomie qui se développe de plus en plus chez nous
- Le sujet, le végétarisme, dans un pays où justement, la viande est bien présente
- La comparaison avec Haruki Murakami, un de mes auteurs préférés
 
Finalement, en le lisant, je me suis rendue compte que c'était plus que ça. On parle ici de choix, de prise de position dans une société qui a des codes, qui ne supporte pas ce qui sort de la norme. On remarque qu'il y a des similitudes entre la France et la Corée du Sud, alors que des milliers de kilomètres nous séparent. 
 
Tout d'abord, la présence du patriarcat et sa place dans les familles, la pression que peuvent subir les femmes par leur père, puis par leur époux. On pourra toujours essayer de se défendre, il n'y a qu'à voir l'actualité pour se rendre compte que la voix des femmes est encore mal écoutée (et arrêtons de jeter la pierre aux féministes, ce ne sont pas elles qui tuent des femmes chaque année, le danger ne vient pas d'elles).
 
Il y a aussi le choix de devenir végétarien, l'héroïne subit une vague de haine quand elle fait le choix, du jour au lendemain, de devenir végétarienne. On la traite d'égoïste, de vouloir être différente, de faire honte à sa famille. Pourquoi ? En quoi est-ce un mal d'avoir ses convictions ? Ne peut-on pas vivre comme nous le souhaitons au lieu de subir la pression sociale tant que nous n'imposons pas nos croyances ou pratiques aux autres ? Finalement, n'est-ce pas sa famille qui est égoïste à penser qu'elle doit faire comme elle au risque de donner une image qu'ils ne veulent pas accepter ?
 
Ce roman est en trois parties et pourtant, elles ont toujours en sujet centrale Yonghye, vu tout d'abord par son époux, son beau-frère, puis sa sœur. A chaque partie, elle évolue, comme une chenille, avant de se transformer complètement. On pousse plus loin la réflexion, on y voit un questionnement sur son impact écologique, sa place dans la société.
 
Je ne savais pas trop à quoi m'attendre en commençant ce roman et je l'ai fini sans vraiment savoir quoi en penser, mais après un temps à cogiter, je me rends compte que c'est typiquement le genre de livre que j'aime lire parfois pour me questionner, pousser ma pensée plus loin. Ce fut donc une belle découverte et j'invite les lecteurs à le découvrir afin d'éveiller leur curiosité. 



Littérature étrangère 
216 pages

29 juillet 2025

Heartless Hunter 2 : Rebel Witch - Kristen Ciccarelli


Dans Rebel Witch, la conclusion palpitante de la duologie Heartless Hunter, l'amour n'a jamais été aussi mortel.
UNE SORCIÈRE...
Rune Winters est en fuite. Depuis que le garçon qu'elle aimait, Gideon Sharpe, l'a livrée aux mains de l'ennemi, tout le monde veut sa mort. Pour survivre, elle doit s'allier à la dangereuse Cressida Roseblood, qui prévoit de réinstaurer un Règne des Sorcières.

UN CHASSEUR DE SORCIÈRES...
Apparemment, il ne suffisait pas que Rune trompe Gideon : elle le trahi une nouvelle fois en s'alliant avec la sorcière qui a fait de sa vie un enfer. Gideon ne permettra pas que la République tombe entre les mains des sorcières. Pour protéger ce nouveau monde pour lequel il a tant combattu, chaque sorcière doit mourir, en particulier Rune Winters.

UN CHOIX IMPOSSIBLE...
Lorsque Rune fait une offre à Gideon qu'il ne peut refuser, les deux doivent s'associer pour accomplir des objectifs dangereux. Maintenant, il doit faire face à un terrible choix : sacrifier la fille qu'il aime pour empêcher un monstre de reprendre le pouvoir, ou laisser Rune en vie et regarder le monde pour lequel il a tant lutté brûler.
 

Nous y voilà, ce second et dernier tome qui clôt une histoire palpitante et pleine de rebondissements. C'était un enfer de finir le premier tome et de quitter les personnages sur un énorme cliffhanger. Que devions nous attendre de cette fin ? Comme pour le premier tome, j'ai opté pour la lecture audio, et les narrateurs étaient à la hauteur, un grand bravo pour leur travail.

Attention, il y a un risque de spoil dans les prochaines lignes, merci de vous arrêter ici si vous n'avez pas lu le premier tome.
 
************************************* 

Nous retrouvons Rune qui a dû fuir la Nouvelle République et se ranger, malheureusement, du côté de la reine sorcière. Pourtant, celle-ci tente de sauver ses semblables, ne pouvant se résoudre de les laisser sous la coupe d'une armée qui veut les voir toutes mortes. Mais quand Gideon la retrouve, ses plans changent. Car c'est son ennemi, mais la reine sorcière n'est pas pour autant son alliée. On va suivre nos personnages, les voir batailler entre ce qu'ils considèrent être la solution à leur problème et ce qu'ils veulent réellement.

Un ennemies to lovers très bien pensé, Rune et Gideon ne peuvent s'empêcher d'essayer de se nuire alors qu'une étincelle grandit en eux, provoquant un désir qu'ils ne peuvent étouffer. Il y a beaucoup de passages où la tension entre les personnages est palpable, si bien qu'il est impossible de lâcher le livre.
 
Il y a aussi les personnages secondaires qui sont intéressants et je dois avouer que j'ai vu venir de loin l'histoire d'un personnage en particulier. A vous de deviner de qui je parle :)
 
C'est un roman qui est dans le même esprit que la trilogie de Shelby Mahurin, Serpent et Dove (vous pouvez retrouver ma chronique en cliquant sur le nom de la série), avec une réflexion propre de l'autrice. La romance est certes le pilier de l'histoire, mais elle accompagne à merveille l'intrigue, tout est très bien doser dans ce second tome. Que dire de plus pour vous inciter à la lire ?
 
Une de mes meilleures lectures de cette année.
 

Young adult
560 pages/13h07

28 juillet 2025

Chère Mamie, tu vas rire - Virginie Grimaldi

 

Ce matin, la maîtresse nous a emmenés au musée à Bordeaux. C’était génial, enfin pas les peintures moches, mais de prendre le bus. Il y avait un cendrier argenté accroché au siège, et dedans j’ai trouvé un chewing-gum usagé. Je ne sais pas ce qui m’a pris, je l’ai attrapé et j’ai commencé à le malaxer comme de la pâte à modeler. J’ai fait une boule, un serpent, un coeur, puis j’ai fini par un chapeau. Un tout petit mignon chapeau vert. Ah ça, tu m’aurais vue, j’étais fière de moi avec mon tout petit mignon chapeau vert posé sur ma tête. Tu le savais, toi, que le seul moyen d’enlever le chewing-gum sur les cheveux, c’est de les couper ? Papa dit que je ressemble à un playmobil.
Gros bisous à toi et à papy.
Ginie
Les Maisons de Vincent est une association qui développe des lieux de vie – adossés à l’agroécologie – pour adultes autistes.

Ayant aimé la plume de l'autrice, j'ai décidé de lire ce recueil où l'autrice a réuni les lettres qu'elle envoyait à sa grand-mère et c'est une petite pépite.

 On découvre la jeunesse de l'autrice, sa maladresse et son sens de l'humour, sa vision de la vie qui est rafraîchissante. On grandit presque avec elle, on se reconnaît dans certaines situations, on se compare et on se rassure, c'est plaisant de voir qu'on est similaire.

C'est une bouffée d'air frais, une lecture très agréable, qui fait du bien au moral. Cela me donne davantage envie de lire cette autrice.

 

Littérature francophone

208 pages 

24 juillet 2025

Daevabad 1 : La Cité de Laiton - S.A. Chakraborty


 Dans les rues du Caire du XVIIIᵉ siècle, Nahri est une jeune escroc aux talents inégalés : lecture de la main, exorcismes et un mystérieux don de guérison ; elle a fait des nobles ottomans sa cible principale dans le but de survivre. Un jour, pendant l'un de ses "coups", elle invoque accidentellement Dara, un mystérieux guerrier djinn, et elle va comprendre trop tard que même les stratagèmes les plus intelligents peuvent avoir des conséquences mortelles.

Forcés de fuir Le Caire, Dara et Nahri voyagent ensemble à travers des sables chauds et balayés par le vent, grouillants de créatures de feu et de rivières où dorment les mythiques Marids. Des ruines de métropoles humaines autrefois magnifiques aux montagnes où les oiseaux de proie ne sont pas ce qu'ils semblent, leur périple a pour destination Daevabad, la légendaire Cité de laiton.

 

Première lecture d'été, j'ai eu recours à un tirage au sort, d'où ce choix qui est bien étonnant. En général, on préfère des lectures légères à cette période de l'année, mais j'ai respecté la décision du sachet.

Ce premier tome est étonnant, on suit trois personnages dans un univers bien unique avec une mythologie que je connais très mal, celle des Djinns. Si bien qu'on se perd parfois dans les explications des différents clans, des alliances et des guerres. Il y a aussi beaucoup de descriptions, parfois trop, le rythme n'est pas égal entre ça et les moments d'actions.

Il y a une romance qui nait entre les personnages principaux, et celle-ci est surprenante, mais pas dans le bon sens. En effet, c'est soudain, sans saveur, comme s'il fallait à tout prix les mettre ensemble mais sans savoir comment faire, ce n'est pas naturel.

Ça partait bien mais ce n'est pas suffisant pour moi. Je ne pense pas lire la suite, préférant me concentrer sur d'autres livres qui attendent sagement d'être lus.

 

Fantasy

640 pages 

21 juillet 2025

Et que ne durent que les moments doux - Virginie Grimaldi


L’une vient de donner naissance à une petite fille arrivée trop tôt. Elle est minuscule, pourtant elle prend déjà tellement de place.
L’autre vient de voir ses grands enfants quitter le nid. Son fils laisse un vide immense, mais aussi son chien farfelu.
L’une doit apprendre à être mère à temps plein, l’autre doit apprendre à être mère à la retraite.

C’est l’histoire universelle de ces moments qui font basculer la vie, de ces vagues d’émotions qui balaient tout sur leur passage, et de ces rencontres indélébiles qui changent un destin.


Les lectures estivales sont faites pour se détendre et lire des choses qui nous change de notre quotidien. Pour le coup, j'ai décidé de découvrir des auteurs qui ne sont pas présents dans ma bibliothèque et je commence avec ce roman de Virginie Grimaldi, autrice à succès et je comprends mieux pourquoi.

Dès les premières pages, on est happé par l'histoire, on suit ces deux femmes sensibles qui sont à des stades différents de leur vie. L'une va donner naissance, l'autre voit ses enfants quitter le nid. Leur lien ? La maternité. Elles sont authentiques, attendrissantes, émouvantes. Plus d'une fois j'ai essayé de retenir mes larmes face à leur histoire.

La plume de l'autrice est addictive dès la première page. J'ai aimé les moments drôles mais aussi les moments plus graves, il y a un équilibre entre les larmes et les rires. Quant à la fin... Je me suis prise une claque, mais je comprends mieux pourquoi certains noms ne sont pas donnés tout de suite, créant un suspense jusqu'aux dernières pages.

Je ne pensais pas lire ce livre aussi vite, c'est peut-être bien une de mes meilleures lectures de cette année. Ce ne sera pas la dernière fois que je lirai cette autrice, elle m'a donné envie de la lire davantage.

 
Littérature francophone 
384 pages

13 juillet 2025

Hadès et Perséphone 2 : A Touch of ruin - Scarlett St Clair

 

La relation de Perséphone avec Hadès est devenue publique et la tempête médiatique qui en résulte perturbe sa vie normale et menace de l’exposer en tant que déesse du Printemps. Pour ajouter à ses ennuis, tout le monde semble désireux d’éloigner Perséphone du dieu des morts en exposant son passé infernal. Les choses ne font qu’empirer lorsqu’une horrible tragédie laisse le cœur de Perséphone en ruine et Hadès refuse de l’aider. Désespérée, elle prend les choses en main et conclut des accords qui ont de graves conséquences. Confrontée à un côté d’Hadès qu’elle n’a jamais connu et à une perte écrasante, Perséphone se demande si elle peut vraiment devenir la reine d’Hadès. 

 

On enchaîne l'écoute audio de cette saga pour savoir comment ce couple évolue et je dois dire qu'il y en a des rebondissements, certains sont mêmes surprenants.

Bon, ce second tome me laisse pensive pour être honnête. Hadès a toujours du mal à se livrer, Perséphone n'en fait qu'à sa tête et c'est parfois pénible, l'excuse utilisée est son jeune âge, pour moi c'est surtout de la provocation, mais passons. 

Autre aspect qui me fait lever les yeux au ciel, le sexe. Alors oui, c'est sensuel, caliente, j'aime en lire dans les romances, mais ici, c'est toujours une excuse quand le couple se dispute et il se dispute souvent, quasi tous les deux chapitres... Donc à la fin, c'est lourd.

Ce qui rattrape un peu l'histoire est l'intrigue. Perséphone a un admirateur secret, une épreuve à traverser, des nouvelles relations qui prennent de drôles de tournants, des amis qui sont intrigants. Bonne surprise de ce tome : Apollon. Au début, c'est un personnage qu'on veut claquer, puis on apprend à le connaître et finalement, c'est peut-être devenu un personnage secondaire préféré. Au contraire de Déméter, grosse surprise alors que c'est une déesse qu'on adore dans d'autres romans.

J'ai encore le tome 3 à lire ou écouter, je pourrais conclure la saga ainsi et avoir un réel avis sur cette trilogie qui fait beaucoup parler d'elle. Pour le moment, j'apprécie ma lecture, mais ce n'est pas un coup de cœur.


 

Romantasy 

592 pages/12h14

22 juin 2025

Le Monde suspendu 1 : Le Mercenaire et la Saltimbanque - Axie Oh

 

Pour ceux qui sont nés sous des étoiles contraires, le destin est en marche
Voilà dix ans que Ren a dû fuir les siens et qu'elle a été recueillie par une troupe d'artistes itinérants. Dix ans pendant lesquels elle a dû dissimuler ses aptitudes magiques pour ne pas attirer l'attention. Dix ans pendant lesquels elle s'est forgé une nouvelle vie qui se voit réduite à néant le jour où, attaquée par un démon en plein spectacle, la jeune saltimbanque libère son pouvoir sous la forme d'une lumière qui passe tout sauf inaperçue.
Bientôt, tous les mercenaires de l'empire sont engagés pour la retrouver. Sunho, un ancien soldat devenu chasseur de primes après s'être réveillé sans aucun souvenir de son passé, il y a deux ans de ça, participe à la traque. Mais l'enjeu est tout autre pour le jeune homme qui cache un terrible secret. Car cette quête pourrait enfin lui apporter les réponses qu'il cherche sur sa propre identité.
Alors, quand les chemins de Ren et de Sunho finissent par se croiser, c'est sans savoir que leurs destins sont bien plus liés qu'ils n'auraient pu l'imaginer... Après La Fiancée du dieu de la mer, Axie Oh imagine une duologie qui fait à nouveau la part belle au folklore coréen. Un univers fascinant, où même dans le noir le plus total brille toujours une lumière.

 

Je connaissais l'autrice pour un autre roman young adult que j'avais beaucoup aimé, c'est pourquoi, je suis très heureuse de la retrouver pour une nouvelle histoire et le fait que ce soit publié par Lumen me rassure sur la qualité du roman, je n'ai jamais été déçue par la maison d'éditions par le passé et ce n'est pas prêt d'arriver, j'ai l'impression.

Le roman est inspiré de la culture coréenne pour créer un univers plein de magie et d'aventure. Nous suivons donc trois personnages : Ren, une artiste qui tente de sauver son jeune oncle en entreprenant un voyage qui peut s'avérer dangereux tout en essayant de cacher son identité, Sunho, à la recherche d'une jeune fille qui peut mettre à mal la politique des royaumes alors qu'il a oublié son passé, et Jaeil, un soldat qui semble être lié malgré lui à ce duo bien particulier.

Il n'y a pas de temps mort, on apprend petit à petit le passé de chacun, tout en suivant leur parcours dans le présent, on en apprend sur l'univers sans être perdu dans les explications comme cela peut être le cas parfois avec des romans de fantasy. Tout est bien dosé et surtout, tout nous donne envie de lire la suite. Ce n'est pas aussi sombre que des fantasy young adult qui peuvent se lire récemment, même si certains événements nous donnent la larme à l'oeil, j'aime le fait qu'il y a une suite sans finir sur un cliffhanger insoutenable, c'est comme une pause bienvenue avant de pouvoir lire la suite (qui, je l'espère, sortira tout de même rapidement). 

Un très bon roman encore une fois de l'autrice, j'ai un autre livre d'elle dans ma PAL que je risque de lire très vite également en attendant la suite de cette duologie. 

 

Young adult

471 pages 

Lecture avec Netgalley 

17 juin 2025

Hadès et Perséphone 1 : A Touch of Darkness - Scarlett St Clair

 

Perséphone n’est la déesse du printemps qu’en titre. Depuis qu’elle est toute petite, les fleurs se ratatinent à son contact. Après s’être installée à New Athens, elle espérait mener une vie discrète, dans la peau d’une journaliste mortelle. Tout change lorsqu’elle s’assied dans une boîte de nuit clandestine pour jouer une partie de cartes avec un étranger hypnotique et mystérieux. Hadès, le dieu des morts, a bâti un empire du jeu dans le monde des mortels et ses paris favoris sont réputés impossibles. Mais rien ne l’a jamais intrigué autant que la déesse qui lui offre une aubaine à laquelle il ne peut résister. Après sa rencontre avec Hadès, Perséphone se retrouve liée par un contrat avec le dieu des morts, et ses conditions sont impossibles : Perséphone doit créer la vie dans le monde souterrain ou perdre sa liberté à jamais. Alors qu’elle s’efforce de semer les graines de sa liberté, son amour pour le dieu des Ténèbres grandit - un amour à la fois envoutant et interdit.

 

Cela fait quelques années que la réécriture du mythe de Perséphone et Hadès cartonne en librairie. L'engouement pour ce couple a donné de nombreuses œuvres, si bien qu'au bout d'un moment, on pourrait se lasser de cette histoire, surtout quand certains codes reviennent fréquemment, comme le fait que le dieu des Enfers possède un night club, avec ou sans bikers, la présence de Menthé, cette nymphe séductrice qui a énervé la déesse du printemps. Alors, qu'en est-il de cette histoire ?

J'ai pris mon temps pour commencer cette saga, le fait de l'avoir en papier et que l'histoire soit disponible en audio sur Spotify m'a permis de découvrir la plume de l'autrice en prenant mon temps et en jonglant entre les deux formats selon le moment de la journée. Finalement, je me suis laissée embarquer par l'histoire. Les Dieux vivent dans notre monde actuel et ne se cachent pas, on retrouve également des héros, des noms qui, pour certains, nous font grincer des dents. Perséphone, elle, est une déesse cachée par sa mère, si bien qu'elle est surprise quand Hadès lui avoue avoir deviné son identité malgré l'utilisation de charmes.

Perséphone est jeune, curieuse, n'en fait qu'à sa tête, si bien que par moment, j'avais envie de la secouer pour qu'elle se calme et change de comportement, quand Hadès est plus posé, mais beaucoup plus vieux. On se surprend à l'apprécier, à se mettre de son côté parfois. J'ai aussi adoré lire les chapitres sous son point de vue, ils m'ont fait aimé le dieu davantage. D'un autre côté, j'ai aimé que Perséphone ne soit pas parfaite, qu'elle ait ses failles mais qu'elle découvre aussi ses forces, et sa bonté avec les âmes la rendent attachante.

Il y a aussi d'autres Dieux qui rentrent en jeu : Hermès, Aphrodite, Déméter, on entend parler d'Apollon, Héra, Zeus, même si ces derniers ne font qu'une apparition. On se surprend à avoir un autre regard sur eux. Si on apprécie Déméter dans d'autres œuvres, elle passe ici clairement pour la méchante de service, Hermès est vu comme un allié, on ne peut qu'aimer Hécate (personnellement, je l'adore dans toutes les histoires). J'ai hâte de voir la vision de l'autrice sur les autres Dieux dans les prochains tomes.

Pour la romance, j'avoue avoir fondu pour le couple, même si on apprend pourquoi Hadès s'est intéressé à Perséphone au début, mais à côté de ce qu'a fait la jeune déesse, je ne trouve pas que ce soit  un énorme scandale et j'apprécie le dénouement de l'histoire. Quant aux scènes de... c'est vraiment très bien ^^.

Pour moi, c'est une bonne réécriture. J'ai envie de lire la suite, je pense donc enchainer rapidement avec le tome 2.

 

Romantasy

512 pages/11h52 

10 juin 2025

Circé - Madeline Miller


 
Helios, dieu du soleil, a une fille : Circé. Elle ne possède ni les pouvoirs exceptionnels de son père, ni le charme envoûtant de sa mère mais elle se découvre pourtant un don : la sorcellerie, les poisons et la capacité à transformer ses ennemis en créatures monstrueuses. Peu à peu, même les dieux la redoutent.

Son père lui ordonne de s'exiler sur une île déserte sur laquelle elle développe des rites occultes et croisent tous les personnages importants de la mythologie : le minotaure, Icare, Medée et Ulysse....

Mais cette existence de femme indépendante et dangereuse inquiète les dieux et effraie les hommes. Pour sauver ce qu'elle a de plus cher à ses yeux, Circé doit choisir entre ces deux mondes : les dieux dont elle descend, les mortels qu'elle a appris à aimer.


Cette œuvre a été un véritable phénomène à sa sortie, si bien que j'ai mis le temps avant de décider de le lire à mon tour. Si on connaît Circé à travers le regard d'Ulysse, il est intéressant de la découvrir bien avant la guerre de Troie, de voir son affiliation avec les titans et sa relation avec le Panthéon.

C'est un roman qui remet la femme à l'honneur, nous montre l'autre version de l'histoire si on l'avait retenu. Circé peut sembler naïve, pourtant, c'est celle qui de rapproche le plus des humains, c'est une sorcière, une mère, elle est plusieurs archétypes à la fois, nous aidant à nous identifier à elle selon les épisodes de sa vie. Quant aux personnages qui l'entourent, je les ai trouvés intéressants également. J'avais une piètre opinion d'Ulysse, ce livre m'a fait le détester davantage. Quant aux dieux... Je ne me prononcerai pas sur eux.

J'ai aimé ma lecture que j'ai savouré en prenant mon temps. Il est bien écrit et change de mes lectures habituelles, c'est une réécriture qui a sa place dans la littérature actuelle.


Littérature étrangère 
549 pages

Un été à New York - Alex Aster

    Ils ont tout du couple parfait, mais leur relation expire à la fin de l'été Ella, scénariste de vingt-sept ans, se voit offrir...